Électrification : tous les feux sont au vert
L'été 2026 confirme l'accélération de l'électrification industrielle, à la fois en France et à l'échelle européenne. Deux publications récentes, un rapport parlementaire côté français et un plan d'action de la Commission européenne, dessinent une trajectoire commune : lever les freins pour massifier l'électrification des usages industriels.
France : le rapport Schellenberger identifie les leviers
Après le plan d'électrification des usages porté par le Premier ministre Sébastien Lecornu en avril, puis la réunion de « L'équipe de France de l'électrification » organisée par le Président en mai, le député Raphaël Schellenberger a remis son rapport sur les freins à l'électrification de l'industrie existante. Commandé par le Premier ministre en décembre dernier, il pose un constat clair : l'électrification de l'industrie existante est l'un des leviers les plus puissants pour produire en France avec de l'énergie française.
Le rapport distingue deux réalités industrielles :
L'industrie diffuse (agroalimentaire, papier, textile, chimie fine, matériaux, séchage), où des solutions flexibles matures existent déjà : alternance chaudière électrique/gaz, stockage thermique ou chimique.
Recommandation phare : encourager le tiers-financement et l'électrification partielle.
L'industrie lourde (acier, ammoniac, engrais, chaux, ciment, verre), qui nécessite des stratégies dédiées filière par filière, tant l'électrification peut transformer en profondeur les outils de production.
Recommandation phare : proportionner les contreparties liées aux abattements TURPE et fixer des objectifs par filière.
Sur l'accès au réseau, le rapport recommande d'élargir l'abattement TURPE au réseau de distribution et de permettre la mutualisation des coûts de renforcement d'infrastructure. Il rappelle aussi qu'il ne faut pas attendre le projet parfait pour engager des projets utiles, et que les effacements industriels et tertiaires peuvent jouer un rôle croissant, à condition que leur disponibilité soit contractualisée, vérifiée et comprise.
Union Européenne : un plan d'action pour rattraper le retard
Le 17 juillet, la Commission européenne a publié son Plan d'action pour l'électrification. Ce document non contraignant, qui doit encore être débattu par les États membres, vise à accélérer l'électrification de l'industrie, des transports et des bâtiments. Le constat de départ est sans appel : le taux d'électrification de l'UE stagne autour de 23 % depuis dix ans, quand il atteint déjà 30 % en Chine, en Corée et au Japon.
Les chiffres clés à retenir :
46 %, nouveau taux d'électrification indicatif visé d'ici 2040, avec à la clé une réduction estimée de 260 Md€/an de la facture des importations fossiles de l'UE
200 GW de capacités de stockage installées visées d'ici 2030, contre 55 GW aujourd'hui
Un objectif de prix de l'électricité 2,5 fois inférieur à celui du gaz pour les ménages, et 2 fois inférieur pour l'industrie, d'ici 2030
Une révision du marché du carbone (ETS) proposée le même jour, avec allocation transitoire de quotas gratuits pour les entreprises qui investissent dans la décarbonation, et une banque de la décarbonation industrielle dotée de 100 Md€. Ces mesures restent à ce stade des propositions, non encore adoptées.
Une 2ᵉ enchère pour la décarbonation de la chaleur industrielle prévue en 2026, où les solutions flexibles bénéficieront d'un meilleur soutien
Des feuilles de route d'électrification propres à chaque secteur viendront compléter ce plan d'action.
Deux échelles, une même dynamique
Que ce soit à Paris ou à Bruxelles, le message converge : l'électrification industrielle n'est plus une option, c'est un levier de compétitivité et de souveraineté énergétique. Mais entre l'ambition politique et la mise en œuvre industrielle, un accompagnement de terrain reste indispensable.
C'est là qu'Energy Pool intervient. De l'étude de faisabilité au pilotage opérationnel des actifs électrifiés, en passant par la valorisation de la flexibilité sur les marchés de l'énergie, nous accompagnons les industriels à chaque étape de leur transition. Notre expertise permet de transformer une contrainte réglementaire en opportunité économique : optimiser les investissements, sécuriser l'accès au réseau et faire de la flexibilité un véritable atout de compétitivité.
Électrifier, oui. Le faire de façon rentable et sans impacter votre production, c'est notre métier.